02/05/2009

28/04/2009 : Désignation des esclaves de la Démocratie (suite)

Je ne résite pas au plaisir de vous communiquer l'échange de mails avec les Services du Ministère de l'intérieur.

Voici donc, pour commencer, le contenu de ma missive.

Monsieur le Ministre,

 

 

Je me permets de vous contacter afin de vous faire part de mes sentiments quant à la façon dont les convocations aux tâches d’assesseurs et de président de bureau sont traitées par vos services.

 

Tout d’abord, je tiens à préciser que votre communiqué de presse, suivi, si je ne me trompe, d’un projet de loi, correspond bien plus aux aspirations de nos concitoyens que la situation actuelle.

 

Voici :

 

  • Dans les années ’80, j’ai honoré deux convocations en tant qu’assesseur de bureau de vote et d’assesseur au bureau de dépouillement.
  • Lors des trois derniers scrutins, j’ai reçu une convocation en tant que président de Bureau de vote.  En toute honnêteté, je peux vous dire que les deux premières ont été déclinées avec des motifs plus que valables (indépendant fleuriste, pour la première, avec le magasin ouvert le dimanche ; état de santé défaillant pour la seconde (forte anémie nécessitant l’administration d’unités de sang)).  Pour cette dernière, je ne vous cache pas que j’avais « anticipé » la convocation et pris mes vacances en conséquence (j’espère que mon honnêteté ne me portera pas préjudice).
  • Je rentre donc, fin de la semaine dernière et dans le délais imparti, mes documents prouvant, selon moi, (vu l’absence de règle de validité de preuve outre une facture d’un tour opérateur), une attestation de mon employeur quant à mes dates de vacances, une attestation de propriété d’une maison de vacances en France, une facture de l’EDF et une lettre explicitant clairement mes motivations.
  • Je reçois, ce jour, un courrier pour le moins laconique du Président du bureau principal, dont vous pourrez visualiser la consistance ci-dessous.

 

Permettez-moi de commenter ce courrier par l’absurde :

 

  • Ce courrier est un formulaire photocopié.
  • Imaginez les opérations que l’employé qui a commis ce courrier a effectuées :
  1. Cachet horodateur.
  2. Au stylo BLEU, écriture de la date de mon courrier, du numéro de PV et…  de mes coordonnées postales, au verso, et à l’endroit adéquat pour apparaître dans la fenêtre de l’enveloppe, visible par transparence sur le document reproduit ci-dessous.
  3. Au marqueur fluo ORANGE, les trois lignes du paragraphe me concernant.
  4. Au stylo ROUGE, au cas ou mon cerveau ne capterait pas l’orange, sans doute, le numéro du paragraphe me concernant.
  5. Enfin, la signature du président, qui n’est qu’un cachet, pour accentuer encore le côté impersonnel de ce genre de courrier.

 

 

A l’heure de l’informatique, il est surprenant, voire aberrant, de recevoir de tels plis. Les sociétés commerciales qui appliqueraient encore ces méthodes désuètes ne seraient sans doute plus présentes dans le paysages belge (et, qui plus est, international) depuis belle lurette.

 

De plus, je tiens a insister sur le côté catégorique, absent de toute humanité de ce genre de courrier (même constat pour la lettre de convocation et sur la manière dont les volontaires sont désignés), et pour le laconisme des textes y figurant.  Je dois fournir une attestation, d’accord, mais de quelle origine (gendarmerie, magistrature, autorités municipales,…) et dans quel délais (avant, après les élections ?).  Si mes coordonnées postales figuraient au recto, le verso pourrait être utilisé à informer le citoyen.

 

Je peux comprendre que l’on ne change pas le monde (et à plus forte raison, l’Administration),  en un jour, mais je compte sur votre clairvoyance pour parvenir, enfin, à une loi électorale cohérente, qui suscite la participation égale des citoyens non volontaires à ces tâches, qui, à fortiori, mangent un dimanche du travailleur, alors que celui-ci est désormais, crise oblige, sa seule richesse tangible.

 

 

Je vous remercie d’avoir pris le temps de vous pencher sur cette (longue) missive, et, dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire ; Monsieur le Ministre, en mon plus profond respect.

 

 

 

 

Jean-Paul Sottiaux

 

NB : vous trouverez la copie du "formulaire" dont question dans un post précédent.

00:55 Écrit par Patricia et Jean-Paul dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : assesseur, designation, attestation, elections, bonne foi |  Facebook |

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